Une journée de l’Herbier bleu
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Ça commence à 22h : c’est quand la nuit est tombée, que je prépare mes plaques de cyanotypes, pour qu’elles puissent sécher toute la nuit. Comme il y a beaucoup de lumière naturelle dans ma maison, je ne peux pas faire ça dans la journée.

J’habite une partie de l’année à Beaugency, petite ville sur le bord de la Loire. J’aime me lever en même temps que le soleil (en été c’est tôt, avant 6h !) pour aller admirer ce spectacle (et retourner me coucher ensuite, il est beaucoup trop tôt pour moi). Il y a parfois de belles surprises, des couleurs extraordinaires ou des brouillards épais, c’est un spectacle de la nature sans cesse renouvelé.

10h : je pars collecter des nouvelles plantes. La nature change très vite, d’une semaine à l’autre, des plantes apparaissent, fleurissent, se fanent, font des graines, disparaissent, et c’est toute l’année. Il y en a toujours de nouvelles à découvrir, et les écosystèmes sont très variés autour de chez moi.

12h : une fois terminée la récolte, il faut tout trier et mettre sous presse ou faire sécher. Il y a des périodes de l’année qui sont plus riches et ça peut vite devenir envahissant !

Je me sers d’une presse à herbier ancienne (XIXe siècle) : deux panneaux de bois sur lesquels sont fixées des bandes de métal et une fermeture à crémaillère. Ça presse très fort !

Il faut ouvrir la presse tous les jours pour aérer les plantes. On les met sur des intercalaires en papier buvard pour absorber l’humidité.

18h : les plaques sont sèches ! Pour les exposer j’utilise là encore un outil ancien, un châssis-presse (ça presse fort aussi!). Contre la vitre, je dispose la plante séchée, puis je mets ma plaque enduite de cyanotype, la gélatine contre la plante. Je referme ensuite avec une plaque articulée qui est pressée avec des ressorts. La plante et la plaque photo-sensible sont parfaitement en contact. Je les installe ensuite devant une lampe à ultra-violet, qui va faire réagir le cyanotype.

La plaque est ensuite développée et rincée longuement, puis mise à sécher. Pendant le séchage on peut observer sur les images très contrastées comme les photogrammes, un relief remarquable dans la gélatine; il s’atténuera ensuite mais reste perceptible à l’œil et au toucher.

Fin de journée, un dernier tour sur le bord de Loire, le ciel, les oiseaux, le fleuve 🙂

Le lendemain, la plaque a fini de sécher, elle est manipulable sans risque, mais il est toujours préférable de la protéger, la gélatine craint l’humidité et les frottements.